
Dans un contexte de dégradation continue de la sécurité nationale, les Forces armées d’Haïti ont franchi un seuil critique en déclenchant la « Condition D », niveau d’alerte maximal, sur l’ensemble du territoire. Cette décision, rendue publique à travers un mémorandum officiel du Grand Quartier Général, marque une inflexion stratégique majeure dans la réponse des autorités face aux groupes armés.
Le texte, signé au nom du lieutenant-général Derby Guerrier, fait état d’opérations militaires imminentes, sans toutefois en préciser la nature. Une opacité qui s’inscrit dans une logique de confidentialité opérationnelle, mais qui nourrit également l’inquiétude au sein de la population.
Les mesures adoptées traduisent une discipline de guerre : rappel général des troupes, suspension immédiate de toutes les permissions, présence obligatoire de l’ensemble des effectifs dans les casernes et renforcement drastique des dispositifs de sécurité dans les bases militaires. Chaque déplacement interne est désormais soumis au strict respect du port de l’uniforme réglementaire.
Au-delà de la mobilisation humaine, l’accent est mis sur la préparation logistique et opérationnelle. Les unités doivent procéder à une vérification systématique de leurs équipements, maintenir une veille radio permanente et produire des rapports réguliers. Les commandants sont appelés à anticiper les besoins matériels afin de garantir une autonomie de 30 jours, signe d’opérations potentiellement prolongées.
Le haut état-major insiste sur la rigueur et la discipline, avertissant que tout manquement sera sanctionné. Cette posture reflète une volonté claire de restaurer l’autorité de l’État dans un pays confronté à une escalade des violences.
Alors que la population attend des résultats concrets, cette mise en alerte maximale pourrait constituer un tournant dans la lutte contre l’insécurité. Reste à savoir si les moyens déployés permettront de rétablir durablement l’ordre public.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





