
Le dossier relatif à l’importation illicite d’armes et de fausse monnaie au nom de l’Église épiscopale catholique anglicane d’Haïti connaît un nouveau rebondissement, marqué par une vive contestation des décisions judiciaires en cours.
Après une ordonnance favorable aux accusés en 2023, le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince a interjeté appel, une démarche que l’Église qualifie d’« irrégulière » et contraire aux règles de procédure. La Cour d’appel a, par la suite, infirmé la décision initiale, ordonné un supplément d’information et désigné un nouveau juge instructeur pour approfondir l’enquête.
Au moins une dizaine de personnes ont été renvoyées devant le tribunal criminel sans assistance de jury, sous des chefs d’accusation particulièrement graves, incluant trafic d’armes, blanchiment d’argent, financement du terrorisme et association de malfaiteurs.
Dans ce contexte, l’arrestation récente du ressortissant zimbabwéen Vundla Sikhumbuzo, interpellé à Pétion-Ville en mars 2026, relance les investigations. Recherché depuis plusieurs années, il est soupçonné d’être l’un des acteurs clés du réseau criminel à l’origine de l’affaire.
Parallèlement, l’interpellation de la courtière Gina Jean-Louis Rolls, dès juillet 2022, avait déjà mis en lumière l’existence d’un circuit organisé exploitant frauduleusement le nom de l’institution religieuse.
Face à ces développements, l’Église épiscopale maintient fermement sa ligne de défense : ni ses dirigeants, ni ses membres n’auraient participé aux activités illicites. Elle se présente comme une victime d’un système mafieux sophistiqué, ayant abusé de sa crédibilité et de ses relations institutionnelles pour mener des opérations criminelles à grande échelle.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





