
À l’occasion de la 223e édition de la Fête du Drapeau et de l’Université, célébrée ce 18 mai au Palais national, les plus hautes autorités haïtiennes ont multiplié les appels à l’unité nationale, à la réforme de l’éducation et à la restauration de l’État dans un contexte marqué par l’insécurité et la crise institutionnelle.
Placée sous le thème : « Ansanm ak Grenadye yo, ann fè drapo a flote pi wo », la cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère solennelle réunissant membres du gouvernement, représentants du corps diplomatique, responsables académiques, directeurs d’institutions publiques et représentants de la presse. Cette célébration symbolique du drapeau bleu et rouge a servi de tribune aux autorités pour réaffirmer la nécessité d’un sursaut collectif face aux défis que traverse le pays.
Dans son intervention, le recteur de l’Université d’État d’Haïti, le professeur Dieuseul Prédélus, a insisté sur le rôle stratégique de l’université dans la reconstruction nationale. Selon lui, l’enseignement supérieur doit dépasser le simple cadre académique pour devenir un instrument de transformation sociale et de service public. Défendant un « patriotisme intellectuel », il a appelé à former des citoyens critiques, engagés et capables de produire des solutions adaptées aux réalités haïtiennes.
Le recteur a également évoqué les difficultés auxquelles fait face l’université haïtienne, notamment l’insécurité, le manque de moyens, la fuite des compétences et la dégradation des infrastructures. Malgré ces contraintes, il a salué la résilience du corps enseignant et plaidé pour un accompagnement accru de l’État afin de préserver le rôle central de l’université dans l’avenir du pays.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, le professeur Vijonet Déméro, a rappelé la portée historique du drapeau haïtien, symbole d’unité et de liberté. Il a estimé que la reconstruction d’Haïti passe par une profonde modernisation du système éducatif, intégrant notamment le numérique, la réforme des programmes et la valorisation des compétences nationales.
Prenant ensuite la parole, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rendu hommage aux figures fondatrices de la nation haïtienne, appelant la population à préserver l’héritage légué par les ancêtres. Dans un discours marqué par des références au contexte sécuritaire actuel, il a exhorté les acteurs politiques et sociaux à privilégier l’unité et le respect des institutions afin de restaurer l’autorité de l’État.
Le chef du gouvernement a également abordé la question électorale, estimant qu’aucun scrutin crédible ne saurait être organisé sans un minimum de sécurité. « San sekirite pa gen eleksyon serye », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de garantir un processus électoral libre et respectueux de la volonté populaire.
La cérémonie s’est achevée par une séquence artistique mettant en scène plusieurs jeunes vêtus aux couleurs nationales. À travers des chorégraphies symboliques et des tableaux inspirés de l’histoire et des souffrances du pays, les participants ont voulu illustrer la résilience du peuple haïtien ainsi que l’attachement de la jeunesse aux valeurs patriotiques.
Au-delà du cérémonial officiel, cette 223e Fête du Drapeau et de l’Université aura surtout été marquée par un message politique fort : celui d’un appel à l’unité, à l’éducation et à la reconstruction nationale dans un pays confronté à l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





