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Le CREAT forme la jeunesse à la transparence pour renforcer la gouvernance publique

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Dans un contexte où la lutte contre la corruption et la quête de bonne gouvernance figurent parmi les priorités nationales, le Centre de Recherche d’Étude et d’Appui Technique (CREAT) a organisé, ce vendredi, une vaste session de formation sur la passation des marchés publics. L’initiative, qui a réuni plus d’une centaine de jeunes professionnels, d’étudiants et de cadres issus du secteur public comme du privé, vise à renforcer la culture de transparence et d’intégrité dans la gestion des fonds publics.

Ce programme de renforcement des capacités s’inscrit dans une démarche ambitieuse : former une nouvelle génération de citoyens conscients des enjeux liés à la corruption et à la responsabilité publique.

« La transparence dans la passation des marchés est au cœur du développement national. Elle conditionne la crédibilité de l’État et la confiance du citoyen », a souligné Me Theralus Carlens Steeff, juriste et formateur principal, en ouvrant la session.

Le premier module, présenté par Me Steeff, a porté sur le cadre juridique des marchés publics en Haïti. Il a insisté sur le rôle crucial des institutions de contrôle, notamment la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) et le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Selon lui, la publication systématique des appels d’offres et l’accessibilité aux informations administratives constituent des piliers essentiels pour instaurer un climat de confiance entre l’État et les citoyens.

Le second module, animé par M. Garnel Dutrevil, s’est concentré sur les aspects techniques et procéduraux de la passation des marchés, depuis la planification jusqu’à l’attribution des contrats. Les participants ont examiné les différents types de marchés prévus par la loi, ainsi que les dérogations encadrées par l’article 34.1. M. Dutrevil a insisté sur la nécessité d’une simplification administrative et d’un accompagnement technique accru pour garantir l’efficacité des processus.Enfin, le dernier module, conduit par M. Whistler Gaspard, a permis une mise en pratique des connaissances acquises. Les participants ont été initiés à la rédaction et à la soumission d’offres conformes aux standards légaux, un exercice visant à cultiver la rigueur et la compétitivité dans la future génération de cadres publics et privés.

En clôturant la session, le directeur général du CREAT, M. Robenson Sanon, a salué « l’engagement exemplaire et la soif de savoir » des jeunes participants, annonçant la création prochaine d’un programme de stages destiné aux plus méritants.

« Notre ambition est de former des citoyens capables de transformer la culture administrative du pays, de promouvoir l’éthique et de renforcer les institutions », a-t-il déclaré.Au-delà d’un simple atelier, cette initiative illustre l’émergence d’une conscience civique portée par la jeunesse. Dans un pays où la refondation institutionnelle demeure un impératif, le CREAT se positionne comme un catalyseur d’engagement citoyen et un acteur déterminant de la gouvernance de demain.

Jean Joceler JEAN / Pòtvwa