Une délégation officielle du Kenya, dirigée par Joseph Boinnet, conseiller adjoint à la sécurité nationale, a posé le pied en Haïti, le mardi 12 août 2025,
dans le cadre d’une visite destinée à renforcer les liens de coopération entre les deux nations. Accompagné de Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), et de son conseiller-président Leslie Voltaire, Boinnet a discuté des préoccupations récurrentes concernant la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dont l’avenir semble de plus en plus menacé.
Selon un communiqué de la présidence haïtienne, cette rencontre a mis en évidence l’importance d’une meilleure coordination entre la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H), et la MMAS. Cette synergie est essentielle pour garantir des résultats concrets en matière de sécurité, permettant ainsi l’organisation d’élections et la réponse aux attentes légitimes du peuple haitien.
Cependant, malgré les intentions affichées lors de cette rencontre, la MMAS fait face à d’importants défis financiers et opérationnels. Le quotidien américain Miami Herald a révélé, dans un article du 2 mai 2025, que sur les 110,9 millions de dollars proposés pour financer la mission, seulement 21 millions ont réellement été débloqués. De plus, un renouvellement de contrat de 200 millions de dollars est actuellement en suspens, menaçant la continuité de l’appui opérationnel.
L’attente des résultats est d’autant plus inquiétante que, depuis son approbation par le Conseil de sécurité des Nations unies le 2 octobre 2023, la MMAS a déployé moins de 40 % des effectifs prévus, soit environ 1 000 agents sur les 2 500 projetés. Ce sous-déploiement limite grandement l’efficacité de la mission dans une situation humanitaire et sécuritaire de plus en plus précaire. L’ONU a rapporté qu’entre le 1er avril et le 30 juin 2025, au moins 1 520 personnes ont été tuées et 609 ont été blessées en raison des violences des gangs, tandis que plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées.
Dans ce contexte, la coopération entre le Kenya et Haïti apparaît comme un élément vital pour la stabilisation du pays. L’État haïtien a tenu à saluer l’engagement du Kenya dans la lutte pour le rétablissement de la sécurité, tout en rendant hommage à la mémoire des personnes ayant perdu la vie dans l’accomplissement de leur mission. Néanmoins, il est impératif que des mesures soient prises pour surmonter les obstacles financiers et logistiques qui entravent l’efficacité de la MMAS, afin d’assurer un avenir plus serein et sécurisé pour les Haïtiens.
Face à cette complexité, les discussions entamées entre les officiels kényans et haïtiens sur l’avenir de la mission doivent se multiplier et se renforcer, tout en incluant des garanties de financement de la part de la communauté internationale, notamment les Nations unies et l’Organisation des États américains. Seule une approche cohérente et collaborative pourrait permettre de rassembler les forces nécessaires pour répondre aux besoins urgents de sécurité et de stabilité en Haïti.
Jean Joceler JEAN
Pòtvwa





