
Le Parti Démocratique pour l’Intégration Haïtienne (PADEINHA) est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur un décret adopté par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qu’il considère comme une atteinte frontale à l’État de droit et une tentative assumée de légaliser l’impunité au sommet de l’appareil étatique.
Dans une prise de position sans équivoque, la formation politique affirme que ce texte viserait à soustraire les membres du CPT, ainsi que plusieurs hauts dignitaires de l’État, à toute poursuite judiciaire relative à des faits présumés de corruption, de détournement de fonds publics, de gaspillage des ressources nationales et d’autres malversations financières graves. Pour PADEINHA, il ne s’agit ni d’un simple acte administratif ni d’un ajustement juridique, mais bien d’une manœuvre délibérée destinée à verrouiller toute possibilité de reddition de comptes.
Le parti voit dans ce décret une dérive autoritaire dangereuse, rappelant les heures les plus sombres de l’histoire politique haïtienne, où le pouvoir se confondait avec l’impunité et où la loi était instrumentalisée pour protéger une élite au détriment de l’intérêt général. « Aucun responsable public ne peut se placer au-dessus de la loi », martèle PADEINHA, estimant qu’un tel texte constitue une négation des principes démocratiques fondamentaux et une insulte à la dignité du peuple haïtien.
Sur le plan juridique, le parti soutient que le décret est entaché d’illégalité manifeste. Il serait, selon lui, contraire à la Constitution haïtienne, aux normes de transparence, ainsi qu’aux obligations de reddition de comptes auxquelles sont tenus les gestionnaires des affaires publiques. Cette initiative intervient, rappelle PADEINHA, dans un contexte national déjà marqué par une insécurité chronique, une crise humanitaire aiguë, la précarité alimentaire et une justice structurellement affaiblie, renforçant davantage la fracture entre gouvernants et gouvernés.
Au-delà de la dénonciation politique, PADEINHA annonce sa volonté d’engager des démarches juridiques afin d’obtenir l’annulation pure et simple de ce qu’il qualifie d’acte anticonstitutionnel et contraire à l’intérêt supérieur de la nation. Le parti affirme par ailleurs que toute accession au pouvoir serait accompagnée de mesures immédiates visant à rendre ce décret nul et non avenu.
Le texte contesté est également perçu comme une menace directe contre le principe même de la lutte contre la corruption. En instaurant une forme d’immunité de fait, il ouvrirait la voie à la dissimulation d’actes criminels, à la protection de responsables soupçonnés de collusion avec des groupes armés et à une gestion opaque des fonds du Trésor public, déjà lourdement fragilisés.
Face à ce qu’il qualifie de faillite morale et institutionnelle, PADEINHA appelle la population à exiger la démission du Conseil Présidentiel de Transition ainsi que du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusés d’avoir trahi leur mission de redressement national. Le parti plaide pour un retour strict à l’ordre constitutionnel, en réaffirmant son attachement à l’application de l’article 149 de la Constitution, qu’il considère comme le seul cadre légal crédible pour encadrer une transition politique sous l’autorité de la Cour de cassation.
À l’orée de la fin de l’année 2025 et à l’approche de 2026, PADEINHA adresse enfin un message de résistance civique et de solidarité au peuple haïtien. Malgré l’ampleur des épreuves, le parti se dit convaincu que la mobilisation citoyenne demeure la seule voie pour rompre avec l’impunité et ouvrir la perspective d’un changement politique durable à l’horizon 2027.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





