
L’usage croissant de drones dans les opérations de sécurité en Haïti suscite de vives inquiétudes au sein des instances internationales. Dans son dernier rapport, William O’Neill met en garde contre les conséquences humaines de ces interventions, appelant au strict respect du droit international des droits humains.
Des incidents récents illustrent l’ampleur des préoccupations. Les 13 et 14 février 2026, dix personnes, dont quatre femmes, ont été tuées lors de frappes de drones sur le boulevard Jean-Jacques Dessalines. Selon des organisations locales, plusieurs victimes civiles présentes à proximité des cibles n’étaient pas impliquées dans des activités criminelles.
D’après les données compilées par des structures communautaires, au moins 43 personnes ont également été tuées en janvier 2026 dans des quartiers tels que La Saline et Bel Air, à la suite d’explosions attribuées à l’usage de drones par les forces de l’ordre. À Martissant, plusieurs dizaines de blessés ont été recensés.
Selon Human Rights Watch, plus de 1 200 personnes ont été tuées dans des frappes menées entre mars 2025 et janvier 2026, dont au moins 60 civils, parmi lesquels des enfants. Ces opérations auraient été conduites avec l’appui de Vectus Global, dirigée par Erik Prince, en soutien aux forces de sécurité haïtiennes.
Si ces interventions visent à neutraliser les groupes armés, elles soulèvent néanmoins de sérieuses interrogations quant à leur proportionnalité et à leur conformité aux normes internationales. « Les efforts pour rétablir la sécurité sont essentiels, mais ils doivent pleinement respecter les droits humains », insiste l’expert onusien.
Au-delà de la réponse sécuritaire, William O’Neill plaide pour une approche globale axée sur la prévention des violences, notamment à travers des programmes destinés à la jeunesse et le renforcement des institutions nationales telles que Institut du bien-être social et de recherches.
Il recommande enfin au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies d’imposer des sanctions ciblées contre les responsables de violations et de corruption, tout en assurant le respect strict de l’embargo sur les armes à destination d’Haïti.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





