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États-Unis : le durcissement des permis de travail ravive les inquiétudes des immigrants haïtiens

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Washington durcit encore sa politique migratoire en resserrant les conditions d’accès au marché du travail pour les étrangers. L’U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS) a annoncé une réduction substantielle de la durée de validité des Employment Authorization Documents (EAD), une décision qui affectera directement des centaines de milliers d’immigrants, parmi lesquels figure une importante communauté haïtienne vivant légalement aux États-Unis ou en attente de régularisation.

Jusqu’ici valables pour une période pouvant atteindre cinq ans, ces autorisations de travail ne seront désormais délivrées que pour une durée maximale de 18 mois. Cette mesure concerne les réfugiés, les personnes bénéficiant de l’asile, les demandeurs en cours de procédure ainsi que les candidats à la résidence permanente. Toute demande déposée ou toujours en traitement à partir du 5 décembre 2025 relève de ce nouveau régime.

Dans un communiqué, le directeur de l’USCIS, Joseph Edlow, justifie ce durcissement par la nécessité « d’assurer que ceux qui travaillent aux États-Unis ne menacent pas la sécurité publique », estimant que des renouvellements plus fréquents permettront de mieux identifier les personnes susceptibles de présenter un risque.

Mais la réforme ne s’arrête pas là. En vertu de la loi H.R. 1, promulguée le 4 juillet 2025, la validité des permis de travail est également réduite pour les bénéficiaires du Temporary Protected Status (TPS), les personnes admises sous statut humanitaire, les demandeurs de TPS ainsi que certains conjoints d’entrepreneurs étrangers. Pour ces catégories, l’EAD ne pourra excéder un an, voire moins si leur statut temporaire arrive à expiration. Cette disposition s’applique à tous les formulaires I-765 déposés ou en attente depuis le 22 juillet 2025.

Concrètement, cette politique impose davantage de renouvellements administratifs, une hausse des frais, et un accroissement de l’incertitude pour les travailleurs étrangers. Pour la communauté haïtienne, très présente dans les programmes humanitaires américains, ces nouvelles règles représentent un défi supplémentaire dans un parcours déjà semé d’obstacles bureaucratiques.

Si Washington invoque des impératifs sécuritaires, notamment après plusieurs incidents ayant alimenté les inquiétudes au sein de l’opinion publique, les organisations de défense des immigrants dénoncent une « pression politique » qui fragilise inutilement des populations déjà vulnérables. Plusieurs associations rappellent que ces travailleurs contribuent de manière essentielle à des secteurs économiques en tension, allant des soins de santé à la construction.

Jean Joceler JEAN / Pòtvwa