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Enjeux politiques et tensions diplomatiques : la visite d’Albert Ramdin sous le feu des projecteurs

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Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, est attendu ce mardi à Port-au-Prince pour une visite officielle, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement volatil. Alors que le pays reste secoué par la persistance de la violence armée et des crises institutionnelles successives, la transition vient d’adopter un décret électoral fixant le premier tour des élections au 30 août 2025 et le second tour en décembre. Un calendrier censé remettre Haïti sur la voie constitutionnelle, mais qui continue d’alimenter scepticisme, tensions et contestations.

Selon l’agenda communiqué, Albert Ramdin entamera sa mission ce mardi 2 décembre par une série d’entretiens de haut niveau avec les autorités de la transition. Il rencontrera d’abord le Conseil présidentiel de transition, puis le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé accompagné du ministre des Affaires étrangères. Une séance de travail est également prévue avec les membres du Conseil électoral provisoire (CEP), institution au centre des débats depuis l’annonce du calendrier électoral. La journée se conclura par un tête-à-tête avec le président du Conseil, Laurent Saint-Cyr.La dimension diplomatique constituera un autre volet essentiel de cette visite. Le secrétaire général de l’OEA échangera notamment avec des représentants influents du corps diplomatique, dont ceux des États-Unis, du BINUH et de l’Union européenne. Selon une source gouvernementale, un cocktail officiel sera offert par la Primature en l’honneur du haut responsable. Albert Ramdin passera la nuit en Haïti avant de poursuivre son programme.

Le lendemain, mercredi 3 décembre, le diplomate surinamien doit se rendre dans le département du Nord à bord d’un hélicoptère afin d’inspecter plusieurs infrastructures publiques, dont le bureau de l’Office national d’identification (ONI) du Cap-Haïtien. Cette institution occupe une place centrale dans la préparation du scrutin, notamment pour l’enregistrement des électeurs et l’émission des pièces d’identité.Fait notable, aucune rencontre n’est inscrite à l’agenda avec la classe politique ou les organisations de la société civile. Une absence qui risque de provoquer des réactions, alors que de nombreux acteurs nationaux réclament une démarche plus inclusive et transparente dans la gestion de la transition.

Officiellement présentée comme une visite strictement institutionnelle, la mission d’Albert Ramdin pourrait néanmoins jouer un rôle déterminant dans les discussions relatives au retour à l’ordre constitutionnel. Dans un pays où les attentes populaires sont immenses et les inquiétudes profondes, chaque initiative diplomatique est scrutée de près et évaluée à l’aune de son impact réel sur la stabilité et la légitimité des institutions à venir.

Jean Joceler JEAN / Pòtvwa