
L’unité de lutte contre la corruption (ULCC) a révélé des éléments troublants concernant des actes de corruption au sein du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC). Ce vendredi, l’ULCC a remis à la justice une série de rapports d’enquête accablants pour Marie Hordelyne Thérésa Alténor St-Vil, actuelle directrice départementale du MTPTC du Nord-Est, déjà incarcérée pour corruption.
Les rapports de l’ULCC, dirigée par Me Hans Jacques Ludwig Joseph, incluent des recommandations pour engager des poursuites judiciaires contre Mme Alténor St-Vil et Renaud Adrien, l’ancien directeur départemental, tous deux accusés d’abus de fonction, de faux et usage de faux, ainsi que d’entrave à la justice. Ces accusations proviennent des irrégularités financières ayant entouré la réhabilitation de la place d’armes de Ouanaminthe, connue sous le nom de « place publique ».
Les enquêtes ont révélé que les dépenses, évaluées à 26,9 millions de gourdes, ont été effectuées hors du cadre budgétaire et réglementaire. Les enquêteurs ont trouvé l’absence de devis estimatif détaillé, de lignes budgétaires claires ainsi que de documents financiers de référence. Plus préoccupant encore, des fonds initialement prévus pour d’autres projets auraient été détournés afin de financer les travaux en question.
De plus, des anomalies concernant la documentation personnelle et administrative de Mme Alténor St-Vil ont été mises en lumière. En effet, elle aurait utilisé une carte d’identification nationale affichant des informations fausses, qu’elle reconnait comme appartenant à sa sœur. D’autres pièces comptables portaient des signatures imitées ou avaient été signées sans le consentement des ouvriers concernés.
Dans ses recommandations, l’ULCC sollicite un audit général des comptes de la direction départementale du MTPTC, à réaliser par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) pour la période 2018-2025. De plus, il est proposé de fournir aux employés un manuel de procédures administratives et de renforcer le contrôle de conformité au sein du ministère.
Il convient de rappeler que Marie Hordelyne Thérésa Alténor St-Vil a été interpellée le 16 septembre dernier, en compagnie de l’ancien maire de Ouanaminthe, Luma Démétrius, à l’issue de leur audition devant le bureau départemental du Nord-Est de l’ULCC dans le cadre de cette même enquête. Cette situation soulève des questions préoccupantes sur l’éthique au sein des institutions publiques et la nécessité d’un contrôle rigoureux pour restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des affaires publiques.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





