
L’interpellation, le 14 mars 2026, de l’ancien député haïtien Arnel Bélizaire remet en lumière un parcours politique étroitement mêlé à des affaires judiciaires depuis les années 1990.
Les autorités judiciaires affirment que l’ancien parlementaire faisait l’objet d’un avis de recherche pour financement présumé du terrorisme, complot contre la sûreté intérieure de l’État et association de malfaiteurs. Cette arrestation constitue le dernier épisode d’une longue série de procédures et d’interpellations impliquant l’ancien élu de Delmas / Tabarre.
Le premier dossier connu remonte au 14 septembre 1995, lorsque Bélizaire avait été arrêté pour fraude et escroquerie. En octobre 2004, il se retrouvait de nouveau dans le viseur de la justice, cette fois pour des accusations d’assassinat et de détention illégale d’armes de guerre.
L’année suivante, en juillet 2005, il avait été arrêté dans un pays voisin, la République dominicaine, dans une affaire de vol de voiture. Les autorités dominicaines avaient alors procédé à son interpellation dans le cadre d’une enquête locale.
La séquence la plus controversée demeure toutefois celle d’octobre 2011. À son retour d’un voyage en France, l’ancien député avait été arrêté à l’aéroport de Port-au-Prince sur décision du commissaire du gouvernement Félix Léger. Cette arrestation avait provoqué une crise politique, plusieurs parlementaires accusant le pouvoir exécutif dirigé par Michel Martelly d’avoir violé l’immunité parlementaire.
D’autres épisodes judiciaires ont suivi, notamment en novembre 2019 lorsqu’il fut arrêté à Jacmel pour détention d’armes de guerre, dont un revolver et des grenades, ainsi que pour complot contre la sécurité de l’État. Plus récemment, en avril 2025, il avait été interpellé après une altercation armée.
Avec sa nouvelle arrestation en mars 2026, les autorités haïtiennes semblent vouloir approfondir les enquêtes sur les liens présumés entre certaines figures politiques et les réseaux criminels opérant dans le pays.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





