
À quelques mois des échéances électorales prévues dans le cadre de la transition, plusieurs formations politiques et organisations sociales haïtiennes montent au créneau contre le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration commune, elles affirment que le pouvoir exécutif cherche à exercer un contrôle excessif sur le processus électoral, au détriment des prérogatives constitutionnelles du Conseil électoral provisoire (CEP).
Les organisations signataires estiment que le pays traverse une crise pré-électorale inédite. Selon elles, les tensions opposant l’Exécutif au CEP ne relèvent pas d’un simple différend institutionnel, mais d’une stratégie visant à influencer l’organisation des futures élections et à favoriser une mouvance politique particulière.
La déclaration souligne que l’indépendance du CEP constitue une garantie essentielle pour assurer la transparence et la légitimité du scrutin. Les responsables politiques rappellent que la Constitution attribue exclusivement à cette institution la gestion des opérations électorales ainsi que l’élaboration du cadre réglementaire nécessaire à leur déroulement.
Les signataires dénoncent plus particulièrement un décret qu’ils considèrent contraire à la Constitution. À leurs yeux, ce texte affaiblit le rôle du CEP en transférant certaines de ses compétences à une autorité administrative. Ils y voient une atteinte grave à l’équilibre institutionnel et au fonctionnement démocratique du pays.
Face à cette situation, la coalition lance un appel à la mobilisation des forces vives de la nation. Elle rejette toute éventuelle consultation électorale qui ne respecterait pas les normes de transparence, d’inclusivité et de légalité. Les organisations réclament le rétablissement immédiat de l’autonomie du CEP ainsi que la création de conditions sécuritaires et institutionnelles permettant la tenue d’élections crédibles.
La déclaration est cosignée par plusieurs partis et mouvements politiques, parmi lesquels EDE, le RDNP, Debout Citoyen, Nouvelle Orientation, le SDP, KORE-N, INIFOS, PALMIS et INITE. Ensemble, ils affirment vouloir défendre l’intégrité du processus démocratique et préserver la souveraineté du vote populaire.
Jean Joceler JEAN / Pòtvwa





